Cérémonie du 11 novembre 2016

A la traditionnelle cérémonie nationale du 11 novembre, commémorant l’armistice qui mit fin à la première guerre mondiale 1914-1918, vint s’ajouter à Saint André de Lidon, cette année, une autre solennité.

Après que la procession soit arrivée aux Monuments aux Morts, monsieur le Maire rendit hommage par son discours aux disparus, les enfants déposèrent des gerbes de fleurs et l’assistance respecta une minute de silence puis monsieur Gérard TALAZAC, président du Musée d’Hier et d’Avant Hier prit la parole pour nous relater la courte vie de ce soldat lidonnais oublié de l’Histoire :

Thomas GIRAUDEAU est né en 1895 à l’hospice de Rochefort. Officiellement, son père est Auguste GIRAUDEAU, mais celui-ci a quitté la France, vit en Amérique depuis 6 ans et ne peut donc pas être le père de Thomas.

Sa mère, de mauvaise moralité, a déjà 3 enfants à charge et ne veut pas d’un quatrième. Alors elle abandonne Thomas à l’Assistance Sociale qui le place dans une famille d’accueil : La famille HILLAIRET de Grézac. Il y restera jusqu’à l’âge de 11 ans et n’y sera pas heureux. Il est mal vêtu, mal nourri, souvent malade. Parfois, à l’école, l’enfant est victime de malaise et tombe d’inanition, obligeant l’instituteur à le renvoyer.

Le Docteur BLANDIN de Mortagne, informé de l’état déplorable de l’enfant, le retire de la famille HILLAIRET et le place chez les GAUDIN, métayers au village de chez Viguiaud, commune de St André. Mieux traité, il fréquente l’école jusqu’à l’âge de 13 ans puis est embauché comme domestique par GAUDIN, jusqu’à sa majorité.

Devenu majeur, une nouvelle vie s’offre à GIRAUDEAU. Hélas ! La France est en guerre et a besoin de soldats. Le conseil de révision, bien que reconnaissant son état de faiblesse, déclare GIRAUDEAU “bon pour le service”.

Le 8 septembre 1915 il est incorporé au 9ème RI à Agen. Il est ensuite muté au 159ème RI de Briançon, puis au 416ème puis au 413ème avec lequel il participe au combat de Locre, à la frontière franco-belge. En ce lieu les allemands attaquent violemment et tentent une percée, mais les troupes franco-britanniques résistent, au prix de lourdes pertes. La 7ème compagnie, celle de GIRAUDEAU, est anéantie.

Le 25 avril 1918 au soir, GIRAUDEAU manque à l’appel, disparu comme beaucoup de ses camarades de combat. Qu’est devenu GIRAUDEAU ? Pulvérisé par un obus allemand ? Enseveli dans une tranchée ? Prisonnier des allemands ? Déserteur ? Prudente, l’administration temporisa et ce n’est que le 4 mai 1923 que le tribunal civil de Saintes déclara GIRAUDEAU officiellement disparu le 25 avril 1918 à Locres en Belgique, et mort pour la France.

“Mort pour la France” : Voilà une mention qui vaudrait à GIRAUDEAU d’avoir son nom gravé sur le monument aux morts de St André, à côté des 39 autres soldats. Hélas ! Lorsque le décès de GIRAUDEAU est officialisé, en 1923, la guerre est finie depuis 5 ans et le monument aux morts est déjà érigé sur la place du marché. Certes, il y a de la place pour inscrire un 40ème nom, mais, en 1923, qui se soucie de GIRAUDEAU ? Il n’a pas de famille et son ancien patron, Adolphe GAUDIN, est lui aussi mort à la guerre.

Alors pour GIRAUDEAU commence une longue période d’oubli, comme une seconde disparition, pendant près d’un siècle.

Le regain d’intérêt suscité par la célébration du centenaire de la Grande Guerre, et quelques recherches effectuées dans les archives de la Mairie, ont mis fin à l’oubli de GIRAUDEAU. La municipalité de St André a souhaité réparer cette injustice et fait inscrire son nom sur le monument aux morts. Ainsi, pour chaque 11 novembre à venir, on se souviendra que Thomas GIRAUDEAU est “mort pour la France”.

A la suite de ce discours, deux enfants égrenèrent la liste des disparus et pour la première fois, on entendit :

Thomas GIRAUDEAU. Mort pour la France.

La fanfare des “Vagabonds de Pons” raccompagna la foule jusqu’à la salle des Fêtes, où un vin d’honneur était offert par la municipalité.

 

 

 

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discours 11112016Monuments 11112016
depot gerbes 11112016Gérard Talazac 11112016-001
sonnerie aux mortsplaque commémorative 11112016
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