Les prénoms d’autrefois

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Les prénoms d’autrefois

Les prénoms les plus populaires pour l’année 2015 ont été Manon, Jade, Louise pour les filles, Armand, Jules, Lucas pour les garçons, mais qu’en était-il autrefois pour les nouveaux-nés de St André ?

Jusqu’à la révolution, l’attribution d’un prénom a pour but essentiel de placer l’enfant sous la protection d’un saint. Par ailleurs, il est courant de donner à un garçon le prénom de son père ou de son parrain, et à une fille celui de sa mère ou de sa marraine. Dans un système aussi fermé le choix est très restreint. Marie est le prénom le plus populaire, il est attribué à la moitié des filles ! On trouve ensuite Elisabeth, Marguerite, Suzanne, Jeanne … Chez les garçons, les prénoms les plus courants sont Pierre, Jean, François, Jacques, Joseph … Curieusement, André est inutilisé.

La révolution change peu cet usage, à quelques rares exceptions, telle, en 1794, la naissance de Seconde RETAQUET fille de Pierre RETAQUET et Jeanne LABROUSSE, ainsi prénommée parce qu’elle est la 2ème fille du couple. Citons également la naissance de Ventose JEAUNAUD en 1797, fils de Catherine JEAUNAUD et de père inconnu, ainsi prénommé car il est né le 28 ventose 5 (18 mars 1797). Citons aussi le cas du couple Jean Honoré BAURÉ – Marie NOEL qui eut 10 enfants, dont 4 seront prénommés Génie (en 1795), la Vertu (1798), Victoire (1801) et Gontine (1808).

Au milieu du 19ème siècle, à côté des indémodables Marie, Pierre, etc … apparaissent une multitude de prénoms exotiques que l’on n’oserait pas donner aujourd’hui. Citons, parmi les plus curieux : Agapit, Alpinien, Dégéré, Elodavid, Extrait, Fridolin, Ixile, Matatié, Tranquillin, Venant pour les garçons, et Azélina, Carminthe, Févrière, Ismérie, Udélie pour les filles. On a du mal à comprendre l’origine de ces prénoms bizarres, fruits de la pure fantaisie des parents, parfois puisés dans la bible ou la mythologie. Lorsque, en 1831, Jean MERCIER et Marie UGE prénomment leur fils Alpinien savent-ils que Saint Alpinien, disciple de Saint Martial, fut envoyé en Gaule pour l’évangéliser ? Le doute est permis. Lorsque Baptiste DIET et Hortense GUILLEMENT prénomment leur fille Ismérie, savent-ils qu’ Ismérie était une princesse instruite de la religion chrétienne par l’évêque de Laon ? Probablement pas. A l’opposé, lorsque Eustelle BOURGEOIS donne naissance à sa fille en 1852 (de père inconnu), on comprend pourquoi elle la prénomme Févrière : Elle est née le 12 février !

Gérard TALAZAC